Monsieur le Président,
Si grande est la force de séduction du pouvoir qu’elle entraîne même les plus imparfaits à avoir l’audace et l’outrecuidance de le convoiter et de s’en emparer, s’ils le peuvent. Enivrés de leur succès inespéré lorsqu’ils y sont parvenus, ceux-ci usent alors de tous les moyens pour le conserver. Mais plus d’un ce faisant a été entraîné vers l’abîme et s’en est repenti par la suite. On ne se moque pas indéfiniment des peuples, et l’on ne saurait jouer sans fin un rôle qui n’est pas le sien.
Monsieur le Président, voici déjà longtemps que la France souffre. Elle le doit avant tout à son manque de sagesse, incapable qu’elle a été au sortir de la guerre de continuer à tracer sa propre voie dans un monde alors dominé chaque jour davantage par les Anglo-Saxons, qu’elle avait si longtemps combattus et dont elle s’était toujours défiée. Le peuple français, c’est indéniable, s’est laissé entraîner par les charmes du matérialisme sans frein qu’a alors permis la technique. Mais il a surtout été trahi par ses élites, politiques comme, dans beaucoup de cas hélas, religieuses. Des « générations de vauriens » successives se sont levées, qui ont séduit beaucoup de monde en disant qu’il fallait renoncer à nos modes de vie et à nos mœurs et adopter les nouvelles coutumes dominantes, figures alors du progrès. Le reste a progressivement suivi, au fil des générations. A commencé alors cette longue culture du mépris qui signe irrémédiablement la mort des peuples si l’on n’y met pas fin, car elle signifie que nous avons perdu le sens de l’honneur, notre honneur lui-même et le désir de nous battre pour le restaurer et le défendre aux yeux des autres nations.
Oui, voici longtemps, Monsieur le Président, que la France souffre du fait avant tout de ses dirigeants. Mais elle ne l’a jamais fait autant que depuis cinq ans, sous votre férule.
Jamais en effet, à travers toute son histoire, elle n’a été autant humiliée sur la scène internationale sans avoir été défaite militairement, et cela elle ne le doit qu’à vous, qui n’avez eu de cesse de la rabaisser par votre veulerie intéressée comme par votre incompétence. Dès la précédente élection, encore simple prétendant à l’exercice du pouvoir suprême, vous avez osé nier qu’il y eût une culture française, et ce devant les dirigeants d’un pays qui se considère comme notre ennemi – et tout dernièrement, quelle surprise !, des médias se sont interrogés sur une possible contrepartie financière à ces déclarations. Mais avec quelle promesse de votre part ? Vous avez ensuite, tout au long de votre mandat, été méprisé comme aucun de vos prédécesseurs par les dirigeants étrangers, depuis Mme Merkel jusqu’à tout dernièrement M. Poutine. Personne ne vous a pris au sérieux. Vous étiez et vous restez, et vous resterez, comme un gamin dans la cour des grands.
Jamais, par ailleurs, depuis les révolutions des siècles passés et les dictatures de Louis Eugène Cavaignac et d’Adolphe Thiers, n’avait été utilisée contre le peuple la violence dont vous avez fait usage envers les « gilets jaunes » qui protestaient bien légitimement contre votre politique sociale et contre votre morgue à leur égard. Ce furent, chose inédite en temps de paix, des dizaines de mutilés par vos forces de l’ordre, rendues dociles par un savant dosage de flatterie et de menace de votre part.
Profitant ensuite de l’état d’hébétude morale et de faiblesse psychologique de la majorité des Français, vous avez cyniquement exploité comme jamais leur crédulité lors de la crise du coronavirus, en maniant sans vergogne le mensonge et en attisant et entretenant la peur, afin de mieux les diviser pour mieux les soumettre. Vous avez interdit de travailler à des milliers de personnes que vous aviez fait encenser quelques mois plus tôt, révélant votre mépris sans borne. Vous avez pour ce faire piétiné allègrement toutes les règles de droit en gouvernant par un cabinet secret, et en inscrivant toujours plus dans la législation ordinaire ce qui relève de l’état d’urgence. Vous avez transformé le régime en régime d’exception.
Vous avez encore livré l’Etat aux officines étrangères, comme il apparaît chaque jour plus clairement, et vous avez ainsi trahi votre mandat, dont la mission première est de garantir l’indépendance du pays.
A vrai dire, Monsieur le Président, la liste de vos forfaitures est trop longue pour être rappelée en intégralité. Aussi bien est-ce inutile. Portée par une notoriété fabriquée, votre accession au pouvoir fut une imposture ; votre maintien une anomalie. Et vous avez l’arrogance de prétendre y être reconduit ! Il y a dans les actes de votre mandat plus de dix raisons qui auraient dû vous amener à démissionner, ou à être chassé honteusement du pouvoir. Seules la répression et la perte de sens politique de beaucoup de Français vous ont permis d’y échapper. Plus que tout, vous bénéficiez de la mansuétude corrompue du véritable pouvoir dans un système fondé sur la captation de l’opinion, des médias aux mains des puissances d’argent dont vous n’êtes que l’agent en France, la marionnette sans âme. Ces médias vous lâcheraient-ils ne serait-ce qu’un jour et vous retourneriez aussitôt au néant politique dont vous n’auriez jamais dû sortir. Vous n’êtes qu’un artefact politique, un ectoplasme sans consistance. Tout est faux, et jusque dans les moindres détails, dans votre personnage public. Il est vrai qu’à ce titre vous constituez une curiosité, de celles qui font les mauvaises fictions, et qui laissent songeurs lorsqu’elles se rencontrent dans la vraie vie.
Mais ne vous y trompez pas, Monsieur le Président : vous n’abuserez pas toujours votre monde. Vous avez profité de l’abattement du peuple français, produit par des décennies de démoralisation systématique. Il n’en sera pas toujours ainsi. Vous n’abuserez pas toujours de sa patience. Comptez sur lui pour se réveiller, et surgir formidablement comme il a su le faire à travers sa longue histoire. Ce jour-là, peut-être aurez-vous le courage de comprendre.
Franck Bouscau, professeur de droit
Guilhem Golfin, docteur en philosophie
Frédéric Lozère, Alliance pour la France
Sébastien Meurant, sénateur
Guillaume de Thieulloy, éditeur de presse
Ludovic Trolle, expert en éthique politique
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