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Madame, Monsieur,
 
Après avoir mis en lumière les conflits d’intérêts entre certaines ONG et des juges de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), l’ECLJ publie un nouveau rapport (90 pages) révélant des atteintes à l'indépendance d'experts de l'ONU. Ce Rapport révèle l'insuffisance et l'opacité de leurs financements et explique précisément les méthodes employées par certaines organisations privées - en particulier les fondations Open Society et Ford - pour financer et influencer ces experts. Il propose également des recommandations pour rétablir ou mieux assurer l’indépendance des experts.

L’ECLJ à étudié pendant un an les documents financiers de l'ONU et des fondations et a pu réaliser des entretiens avec 28 de ces experts de l’ONU. Ce qui en ressort est édifiant.

La principale conclusion de ce rapport est que quelques fondations privées versent directement des millions de dollars à des experts de l’ONU pour que ceux-ci rédigent des rapports allant dans le sens voulu par ces fondations privées. Ces rapports sont ensuite promus comme des recommandations officielles émanant de l’ONU, et repris par des gouvernements et des juridictions internationales pour soutenir ou justifier leurs décisions.

Voici un exemple parmi d'autres tiré de notre rapport :

 

Il est arrivé à l’Open Society Foundations de reconnaître ouvertement vouloir « influencer » un expert. L’OSF a en effet déclaré avoir versé 100 000 USD en 2017, au titre de son programme droit des femmes, au Center for Women’s Global Leadership (CWGL), un centre de militantisme féministe rattaché à l’Université Rutgers (New Jersey), « pour influencer le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage ». Le but était d’amener le Rapporteur spécial à reconnaître le travail domestique comme une forme d’esclavage. Ce but fut atteint, car l’année suivante, ce Rapporteur spécial, Urmila Bhoola, a consacré son rapport thématique annuel, publié sous le timbre de l’ONU, à l’examen des « conséquences de l’esclavage et de la servitude pour les travailleuses migrantes marginalisées dans le secteur de la domesticité à l’échelle mondiale ». Entre-temps, le Center for Women’s Global Leadership (CWGL) a remis au Rapporteur un « Document de travail sur la dimension de genre des formes contemporaines d’esclavage, ses causes et ses conséquences : défis, opportunités et stratégies pour éradiquer ce phénomène et ses effets particuliers sur les femmes et les filles » et a participé à une table ronde d’experts tenue les 11 et 12 avril 2018 sous l’égide du Rapporteur, ayant exactement le même thème : « la dimension de genre des formes contemporaines d’esclavage, ses causes et ses conséquences : défis, opportunités et stratégies pour éradiquer ce phénomène et ses effets particuliers sur les femmes et les filles ».

Le rapport du 27 juillet 2018 du Rapporteur porte précisément sur la thématique souhaitée par l’Open Society et le CWGL, et cite deux fois celui du CWGL. Son rapport suivant, présenté à la 73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, cite à sept reprises le CWGL.

 

Afin d’assurer la promotion de ces rapports, un événement parallèle (c’est-à-dire une réunion publique) est organisé au siège de l’ONU à New York, le 26 octobre 2018, sur les « dimensions de genre des formes contemporaines d’esclavage et de traite des personnes », avec la participation de la directrice du CWGL et du Rapporteur sur les formes contemporaines d’esclavage. Enfin, le 8 février 2019, le CWGL a publié un entretien avec le Rapporteur spécial présentant son rapport dans le détail.

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