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Une position protestante sur le vote du 2nd tour
Une position protestante sur le vote du 2nd tour

Du pasteur Daniel Rivaud, à propos de lélection présidentielle de ce 24 avril

Chers amis,

J’ai longuement hésité avant d’écrire cette lettre. J’ai conscience qu’elle risque, comme ma première lettre envoyée au mois de mai l’année dernière, de susciter des réactions et des incompréhensions. Mais, à la veille du 2eime tour des élections présidentielles, l’heure est tellement grave que je ne peux rester silencieux. À nouveau, en toute humilité, je veux sonner de la trompette pour avertir (Ézéchiel 33) comme je l’ai fait tout au long de mon ministère.

Je n’ai aucune volonté polémique. Je souhaite garder votre amitié et une possibilité de relation avec vous, même si nous ne sommes pas d’accord. S’il est normal en effet, en tant que chrétiens, que nous puissions avoir des points de vue différents, il est essentiel que nous restions bienveillants les uns vis-à-vis des autres. Chers amis, voici ma pensée et mon alerte concernant la situation que nous vivons.

« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez » Hannah Arendt

Avec la peur, le mensonge est certainement une des armes les plus puissantes utilisées aujourd’hui, obligeant chacun à un effort d’information beaucoup plus grand qu’auparavant.

Emmanuel Macron ou Marine Le Pen

Comme la plupart des Français, cette question s’est imposée à moi au lendemain du premier tour alors qu’elle ne s’était pas du tout posée pour le premier, ayant exclu toute possibilité de voter pour le président sortant. Pourquoi ? Pour de nombreuses raisons en lien direct avec le bilan de son quinquennat et plus particulièrement des 2 dernières années, non seulement avec la gestion du Covid (qui a été pour beaucoup le révélateur) dont on ne connaît pas encore toutes les répercussions sur le long terme, avec déjà de très nombreuses victimes (effets secondaires), mais aussi la déconstruction de la société en dressant les Français les uns contre les autres, pour les très nombreuses atteintes à la démocratie, à la liberté d’expression pour les opposants mais aussi pour les Églises (loi sur le séparatisme), à l’objection de conscience, à la famille comme fondement de la société (identité du genre, avortement, euthanasie, éducation,…), aux droits des enfants (multi parentalité), de la désintégration sociale, de la paupérisation toujours plus grande (rappel Gilets jaunes) et de l’enrichissement des plus riches, les mensonges, la manipulation, les scandales (ministres mis en examen, McKinsey pour ne citer que ceux-là), etc., sans parler d’un bilan économique absolument catastrophique (nombreuses faillites, chômage, etc.) dont il n’est pas dit que la France pourra se remettre, étant déjà dans le peloton de queue des pays de la zone euro et qui nous annonce des heures sombres.

Vous trouverez ici une sélection d’articles et de vidéos pour étayer ces propos et pour approfondir votre réflexion.

Les propos du président de la République le mardi 4 décembre, m’ont également profondément choqué. D’une violence et d’une grossièreté sidérantes, jamais vues à l’égard du peuple français de la part d’un président, ils augurent non seulement d’une radicalisation des positions, mais, et c’est encore plus grave, d’une atteinte sans précédent à la cohésion sociale avec les signes avant-coureurs de ce que l’on pourrait qualifier d’une dictature. Je pèse mes mots.

« Il est plus facile de faire la guerre que la paix » disait Georges Clémenceau à Verdun en 1919. Manifestement, nos dirigeants actuels n’ont pas retenu la leçon, que ce soit à l’égard des Français ou de l’Ukraine par exemple. À moins que ce soit volontaire, et là, c’est plus grave encore.

Le résultat de tout cela, c’est non seulement un pays fracturé, mais c’est avant tout des millions de personnes blessées dans leur corps et leur esprit, et pour certains dans leur âme même. 12 millions de personnes, dont de nombreux enfants, souffrent de troubles psychiques en France… 1 français sur 4 ! Le problème est tellement grave que même la Sécurité Sociale vient de mettre en place la prise en charge de séances d’accompagnement psychologique.

« Toute l’histoire du contrôle sur le peuple se résume à cela : isoler les gens les uns des autres, parce que si on peut les maintenir isolés assez longtemps, on peut leur faire croire n’importe quoi. »

Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, 1993

La meilleure analyse que j’ai trouvée à ce sujet (même s’il y en a beaucoup d’autres) est celle d’Ariane Bilheran, diplômée de l’École normale Supérieure (Ulm), psychologue clinicienne, Docteur en psychopathologie et spécialiste de la psychologie du pouvoir. Je vous invite à l’écouter attentivement car elle met des mots sur des maux dont nous ne réalisons pas toujours la portée.

« Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats. » Nicolas Machiavel

Ce sont les raisons pour lesquelles, en mon âme et conscience, je ne peux/veux pas voter pour Emmanuel Macron, ni même laisser entendre que c’est un moindre mal. En effet, tant son bilan que son programme annoncé qui est dans la droite ligne du quinquennat qui s’achève, sont tellement désastreux, que je ne vois pas quelle solution pourrait être pire pour notre pays.

Vous avez dit extrême droite ?

Aussi loin que je me souvienne, le nom Le Pen était pour moi synonyme d’extrême droite et donc incompatible avec mes valeurs chrétiennes, même si certains aspects pouvaient paraître attrayants. Les nombreuses déclarations du fondateur du Front National et son programme étaient pour moi sans équivoque, et cela sans le matraquage politico médiatique permanent à ce sujet. J’ai déjà eu souvent dans le passé l’occasion de me prononcer à ce sujet.

Depuis que Jean-Marie Le Pen a été écarté de la direction de son parti, j’ai vu celui-ci progressivement évoluer (comme on a pu voir, par exemple, à l’autre bout de l’échiquier, le parti communiste en faire autant). Et à l’aune de ce que nous avons vécu notamment ces 2 dernières années avec la manipulation politico médiatique, j’ai commencé à revoir mon jugement : les enfants ne sont pas responsables des crimes du père comme le rappelle le philosophe bien connu Michel Onfray dans une interview récente.

Si je veux être honnête (et je le veux !), je dois reconnaître que malgré cette évolution et un programme qui n’avait plus grand-chose à voir avec celui de son père, je restais bloqué par ce vocable « extrême droite » qui continue de stigmatiser systématiquement le parti de Marine Le Pen. Ce n’est que relativement récemment que j’ai fait le parallèle avec un autre terme abondamment utilisé par la même classe politico médiatique, certes dans un autre contexte : « complotisme » mais avec la même volonté visant fondamentalement à s’assurer de ce que Bourdieu appelait “le monopole de l’information légitime”, en interdisant de questionner les motivations des principaux défenseurs et propagateurs de la Doxa.

Quant au programme que nous propose Madame Le Pen, avec toutes les limites du genre, celui-ci me paraît beaucoup plus compatible avec les valeurs dans lesquelles je crois que celle de son challenger, quoi qu’en pense la FPF ou certains évêques qui ont décidément la mémoire bien courte.

Un autre élément qui me paraît déterminant, est que si Marine Le Pen est élue, et quel que soit le résultat des législatives, elle aura une telle opposition à gérer, qu’elle ne pourra en aucun cas faire ce que Monsieur Macron a fait durant son quinquennat en faussant le jeu démocratique avec un parti majoritaire et « aux ordres » à l’Assemblée nationale, et, quand c’était nécessaire, faisant appel à un « conseil scientifique » et un « conseil de défense sanitaire », à caractère « consultatif » bien sûr.

Conclusion

Le résultat des urnes dimanche prochain va déterminer plus que jamais dans l’histoire de la Vème   République et même avant, l’avenir de notre pays. Notre choix est donc crucial.

En tant que citoyens et chrétiens, nous sommes appelés à faire entendre notre voix. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

Nous sommes également appelés à prier pour notre pays afin que le jugement de Dieu ne vienne pas sur lui alors que tant de lois iniques ont été votées, certes déjà depuis des décennies, mais tout particulièrement ces 5 dernières années.

Que Dieu nous vienne en aide.

 
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