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En ce jour, je ne souhaite retenir qu’un seul verset de notre lecture de l’évangile de Jean, le verset 3, où Jésus dit : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (LSG) Le plus grand amour que quelqu’un puisse montrer, c’est de donner sa vie pour ses amis. (BFC) Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime. (TOB) Dans ces trois traductions que je vous laisse, l’insistance se porte sur le don de soi, sur l’amour de ceux que l’on aime et sur la notion d’amitié. Je voudrais en ce début de prédication vous raconter une petite anecdote. Cela s’est produit il y a de nombreuses années maintenant. Un jeune homme qui s’était engagé dans les études de théologie et qui s’interrogeait encore sur son engagement au service de l’Église se trouvait réuni avec quelques chrétiens d’un groupe de prière. Ce soir-là, il fut décidé que chacun tire au sort un petit verset biblique qui se trouvait dans une corbeille. Il prit donc lui aussi un verset. Il en prit connaissance : ce verset, c’était celui que nous retenons aujourd’hui… Hasard ? Main de Dieu ? Action discrète du Saint-Esprit ? Nul ne sera d’accord sur ce qu’il faut en penser, mais pour celui qui prit ce verset, il y avait un appel de Dieu pour s’engager à son service et il s’engagea dans le ministère pastoral. Dieu se glisse souvent dans les petites choses inattendues, incertaines, inhabituelles. Il sait comment, quand et où il doit nous rejoindre. À la veille de sa passion, le Christ nous délivre à nous tous aussi ce matin ce message, cet ultime message. Beaucoup de ses auditeurs comme nos contemporains attendraient des précisions sur la vie, sur la mort, sur l’au-delà. Mais Jésus, délaissant ces questions, leur livre l’essentiel, la clef de toute vie, il parle sans détour de l’amour. Pour lui, il ne s’agit pas d’un sentiment passager ou encore d’une attirance momentanée ou d’une séduction éphémère. Jésus ici parle d’un dépassement de ce que nous pensons. La mort sera traversée par l’amour. Ici encore, Jésus ne se retranche pas derrière les commandements. Nous connaissons tous cette parole de Jésus adressée au jeune homme qui se demandait comment hériter la vie éternelle. Il lui répondit : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force, de toute ta pensée et tu le serviras lui seul, ensuite tu aimeras ton prochain comme toi-même. » C’est un très beau texte, mais Jésus va plus loin dans le verset choisi aujourd’hui : il parle du don de soi. Toute la vie, l’enseignement et les actions de Jésus sont marqués par le don de soi ! Le Christ nous révèle que l’amour n’est pas un commandement, mais un don, quelque chose qui vient du cœur. C’est Dieu, dans sa puissance infinie, qui nous donne la force de le vivre et de l’accomplir de manière naturelle. Ce don ne peut aller que vers les autres. Il n’y a de vrai ministère ou service que de cette manière. Pourtant, nous savons bien que ce n’est pas toujours facile ! Nous ne sommes pas le Christ, nous nous évertuons seulement avec notre nature pécheresse à essayer de le suivre. Et de laisser s’exprimer grâce à lui ce que nous avons de meilleur en nous-mêmes malgré notre finitude, malgré nos erreurs et nos manques d’inspiration parfois ! Jésus évoque le don de soi, l’amour et l’amitié. Dans la Bible nous ne faisons pas toujours attention à l’amitié. Pourtant, Dieu était déjà l’ami d’Abraham et le livre des Proverbes nous dit que : « l’ami aime en tout temps. Et dans le malheur il se montre un frère. » (17,17) Dieu nous regarde comme ses amis et plus encore, il nous aime sans réserve. Dans nos églises l’amitié est une chose importante. Si nous gardons à l’esprit que ceux et celles qui cheminent avec nous sont, au-delà de nos différences, des amis cela change inévitablement le climat des relations. Lorsque Jésus laisse à ses disciples la parole que nous commentons en ce jour, il souhaite susciter notre enthousiasme. Soyons donc enthousiastes parce que Dieu nous aime et cela jusqu’au bout. Dans le silence de nos vies il peut tout entendre, tout comprendre et son amour bienveillant nous guidera. Dieu désire nous offrir ce qui est meilleur pour chacun de nous. Il n’est pas rare dans notre monde de rencontrer des personnes qui sont sans enthousiasme, triste ; il n’est pas rare non plus de rencontrer des chrétiens malades (je ne veux pas dire ici malades physiquement), ici, je pense à ce qui psychologiquement nous rend malades et nous enlève la joie de vivre. Il est vrai que nos chemins, nos épreuves, peuvent peser, mais l’amitié de Dieu reste intacte. Nous pouvons trouver dans nos cœurs malgré le chemin tortueux, la joie, le goût d’avancer, car nous savons que l’amour de Dieu est sans réserve et qu’il l’a prouvé à la croix. Jésus nous invite à garder cet enthousiasme débordant en nous parce qu’il nous donne la volonté d’accomplir la volonté parfaite de son père. Alors le souhait que nous pourrions formuler pour chacun de nous serait que Dieu sans cesse renouvelle notre enthousiasme, notre détermination à nous mettre au service du Dieu d’amour, de celui qui nous aime sans que nous ne soyons encore capables de discerner l’immensité de cet amour. Jésus dans ce passage de l’évangile de Jean nous enseigne que le service de Dieu n’est pas une contrainte pesante, que nous ne sommes pas obligés de servir un maître exigeant. Au contraire, il s’agit d’un élan qui est provoqué par l’amour. Dieu dans ces quelques mots nous enseigne encore qu’il est l’ami de tous les humains. Il y a tant de chemin à parcourir pour que cela devienne vrai dans notre monde et dans nos églises. Dieu a aboli les frontières, je ne parle pas spécifiquement des frontières politiques qui posent tant de problèmes en matière de relations internationales et d’immigration… mais je considère ici que Dieu renverse les frontières que nous mettons avec les autres Toute l’humanité est aimée de la même manière par Dieu. Les gestes du Christ, ses paroles en témoignent. Il n’y a chez lui ni exclusions, ni réserve, ni doute, ni a priori, mais il y a le don généreux et gracieux d’un amour aux dimensions universelles. Cet amour est unique et englobant. L’Évangile nous enseigne encore que cet amour est libérateur et qu’il crée entre nous une chaîne que rien ne peut rompre. Il est l’essence même de l’Église et sa raison d’être. Encore une fois ici je ne parle pas de l’Église comme institution qui ne peut être en réalité que stérile, mais j’évoque la communauté invisible et visible de tous les humains, de tous les lieux, de tous les temps, qui ont entendu la voix du Seigneur, se sont mis en chemin et ont tenté d’incarner cette réalité au-delà des frontières et des enrobages dogmatiques. L’Église dans le projet de Dieu n’a pas d’étiquette supplémentaire pour la qualifier (par exemple Sainte, Catholique, Orthodoxe, Protestante, Évangélique etc.) Elle est avant tout l’ensemble des hommes et des femmes qui ont entendu l’appel à donner leur vie au service. Ils ne sont pas tous pasteurs ou dotés d’un ministère reconnu, mais la première chose qui les anime c’est de marcher près de leurs frères et sœurs, mus par l’Esprit de Dieu et c’est là, au sein de ce monde qu’il faut manifester cette réalité de l’amour infini de Dieu. Aujourd’hui si nous avons pris conscience de cela nous pouvons nous réjouir et dire que nous sommes véritablement aimés par Dieu. Il faudrait être véritablement malhonnête pour prétendre le contraire. Sommes-nous capables en entendant ces paroles de Jésus de réaliser que nous avons trouvé notre plaisir et notre joie à nous engager sur le chemin tracé devant nous par Dieu. Et puisque nous avons considéré qu’il était préférable d’aimer, de donner notre amitié, notre compassion, alors nous avons posé les bases d’un monde nouveau où la justice, la vérité, la paix et la sérénité régneront. Il nous appartient de recevoir l’amour infini que Dieu nous donne à nous ses amis. Oui, oui, c’est bien comme cela qu’il nous désigne… En le laissant agir ainsi en nous, malgré nos résistances, nous avons pu, nous aussi ne serait-ce qu’en partie, laisser entrevoir et passer l’amour de Dieu par notre manière d’être. Chacun peut être ou devenir le canal par lequel Dieu laisse voir qui il est. Cela est aux antipodes de la haine, de la destruction, du dénigrement, de l’égoïsme qui anime trop souvent notre agir humain. Oui, l’amour de Dieu peut se manifester au travers de nous ! Gardons la tête froide et si nous le voulons aimons encore plus ! Continuons notre route à la rencontre des autres, donnons et recevons ce qui doit être partagé. Aimons gratuitement sans restriction comme Dieu nous aime. Amen Cantique 41-38 § 1, à 4 : Louange et gloire à ton no

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